En 2020, les besoins d’aides alimentaires persistent. L’association fondée par Coluche en 1985, sous le nom officiel « les Restaurants du Cœur – les Relais du Cœur » distribuait à l’époque 8.5 millions de repas. Trente-trois années plus tard, cette distribution est multipliée par 16.6 . Lors de la dernière campagne (2019-2020), c’est 136,5 millions de repas équilibrés qui ont été remis aux 875 000 personnes accueillies (2019-2020) par les 73 000 bénévoles.
La pandémie a des conséquences terribles pour les plus démunis
La Covid-19 a touché toute la population et renforce la précarité des personnes vulnérables, dont certains, sans cette crise n’auraient pas eu besoin de venir aux Restos du Cœur.

Les visages de la précarité se diversifient
Ces bénéficiaires sont de plus en plus jeunes : 39 % sont mineurs, et 51 % ont moins de 26 ans. Lors de la dernière campagne, l’association a aidé 30 000 bébés de moins de 12 mois dans soixante-dix Restos bébé du Cœur.
« Contre la pauvreté sous toutes ses formes »
Pour perpétrer l’un de ses fondamentaux, l’association poursuit son action tout au long de l’année et tente de répondre à la diversité des besoins et des différents publics accueillis. L’aide alimentaire permet une aide d’urgence mais représente surtout le point de contact privilégié pour permettre un accompagnement qui tendra vers l’autonomie. Une relation de confiance se tisse peu à peu. Les bénévoles proposent des pistes pour favoriser la réinsertion sociale.

Pour soutenir ces actions
Le FEAD –Fonds européen d’aide aux plus démunis-, pilier de l’aide alimentaire en France, finance 1 repas distribué sur 4 par les Restos. Avec le Secours Populaire et la Croix-Rouge, également bénéficiaires, ils s’inquiètent de la baisse du montant de ces aides.
« Les États membres négocient le budget de l’Union européenne pour les années 2021- 2027. La sortie de l’Union Européenne du Royaume-Uni va diminuer le budget communautaire. Aucune recette nouvelle n’est pour le moment envisagée par les États membres et par la Commission de Bruxelles. Non seulement des coupes sont à craindre, mais une réallocation d’une partie des budgets sociaux pourrait être décidée pour répondre à de nouvelles priorités, comme l’emploi ou la sécurité sur le continent ».
La grande bataille des budgets a commencé (Le Monde)
Les ressources des Restos reposent essentiellement sur la générosité du public qui assure près de la moitié des recettes financières de l’association (47% ). Les subventions participent, eux, pour 33% des recettes, et les produits Enfoirés pour 7 %.
«On compte sur vous»
La refonte de la fiscalité, le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, la suppression de l’ISF, la hausse de la CSG pour les retraités, n’encouragent pas les donateurs. Le slogan de l’association « on compte sur vous » est de plus en plus prégnant.
Retrouvez ici notre article sur la baisse des dons analysée par le Syndicat France Générosités
Une aide de proximité
73 000 bénévoles s’engagent au sein des 2 013 centres que compte l’association. Ces centres sont regroupés en 11 antennes régionales. Nous avons un témoignage de la région Bretagne-Pays-de-La-Loire, émanant de l’une des 117 associations. Toutes gèrent, animent et coordonnent sur le terrain l’aide alimentaire et les multiples activités qui contribuent à la réinsertion.
Retrouvez les actions des Restos Du Cœur
Yves, responsable de centre d’activités de Pont-L’Abbé, Finistère
Dix-sept centres finistériens répercutent l’action des Restos du Cœur. A Pont-L’Abbé, où se trouve le centre du Pays Bigouden, 50 bénévoles distribuent 68 000 repas par an à 200 familles (400 personnes aidées). Ces chiffres sont en progression d’une année sur l’autre. Yves, organisateur de grands événements durant sa vie professionnelle, a voulu s’engager aux Restos dès le début de son parcours de jeune retraité, il y a cinq ans. Actif à la distribution, il assure la responsabilité du centre en binôme avec Gilles, depuis 2018.
Comme dans les autres centres, leur vocation est l’aide alimentaire par l’accueil et l’accompagnement. « La personne qui pousse la porte doit pouvoir repartir au moins avec l’aide alimentaire : 9 repas par semaine, pour une personne, 12 repas pour deux personnes. Cet hiver nous avons accueillis 204 familles, soit 30 % de plus par rapport à l’hiver 2018/2019. Dans notre rôle d’accompagnement, nous pouvons orienter vers des services qui ont les compétences pour mettre en place du micro-crédit via les banques partenaires. Des cours de Français sont proposés par le centre de Quimper. Des maraudes sont organisées dans les grandes villes. De nombreuses approches sont mises en place pour l’accompagnement des personnes et favoriser leurs insertions sociales. » Sourires et convivialité animent les bénévoles. De manière durable, puisque les Restos sont ouverts toute l’année.

Mardi et vendredi matin
La distribution et l’accueil se font deux fois par semaine. Le centre de Pont-L’Abbé, s’articulent autour de 3 équipes de bénévoles :
- La Ramasse -7 bénévoles-: dès 7 heures du matin, une équipe se charge de la tournée des sept grandes surfaces partenaires et revient décharger le camion avant de le remplir à nouveau : des produits frais –fruits, légumes, yaourts, beurre- Produits à dates courtes (une semaine avant la date de distribution). A ces produits frais s’ajoutent les dons d’entreprises : Hénaff (1/semaine) Larzull, 3 ou 4 fois dans l’année.
- L’intendance– Logistique gère les stocks -6 à 7 personnes- Trie les fruits et légumes à l’arrivée.
- La distribution -30 personnes- Deux distributions sont faites par semaine, ce qui suppose un calendrier de présence. C’est d’ailleurs le poste qui nécessite le plus.

Au niveau national, les acheteurs apportent des produits complémentaires : épicerie, surgelés, conserves. Le centre du Pays Bigouden, comme ceux du Finistère, « ont la chance de réaliser de belles ramasses ». Les producteurs départementaux tels que Savéol alimentent les Restos au niveau départemental, voire régional selon les besoins. La terre est productive. Yves cite également l’exemple de particuliers qui amènent spontanément des pommes à partager.
Le centre de Pont-l’Abbé fonctionne avec un budget d’un montant s’élevant à 16 000 € à l’année pour 1 300 repas servis chaque semaine, soit environ 68 000 repas à l’année. Le poste le plus lourd est celui de la location du local qui pèse pour 10 800 €. Contrairement à d’autres antennes, le local n’a pas été mis à disposition par le territoire. Le reste de l’enveloppe budgétaire finance l’investissement en véhicules et matériels. Le centre du Pays Bigouden souhaite ne pas solliciter l’aide des Restos au niveau national.
Des collectes alimentaires dans les supermarchés
En 2019, au niveau national la récolte était estimée à plus de 8 900 tonnes, grâce à la générosité du public et à la motivation de 73 000 bénévoles présents dans 6 900 magasins.
A lui seul, le centre du Pays Bigouden avait pu récolter 11 tonnes de marchandises (pâtes, conserves, produits d’hygiène). Une tombola départementale vient compenser un peu le déficit du don. En fin d’année, des bénévoles font des paquets cadeaux. Tout est bon pour servir la cause !
« Nous mettons à disposition des Restos notre temps, notre énergie, mais donnons un vrai sens à notre vie en aidant ceux qui n’ont pas eu la même chance ! L’ambiance est très conviviale. Une réelle complicité nous unit entre bénévoles. Et déteint sur les relations établies avec les familles accueillies ». Yves.
La surprise du confinement pour les Restos du cœur : 2 fois plus de dons !
Une aide bienvenue pour l’association qui accueille de plus en plus de familles. Dans le Finistère « Il y a eu un réel impact Covid dans certains centres, notamment plus urbains (Quimper, Brest, Douarnenez..). A Pont l’Abbé, nous avons maintenu la distribution sans interruption, avec une organisation adaptée : équipe plus restreinte de bénévoles, familles accueillies à l’extérieur du centre avec des horaires individuels, et distribution de colis standardisés préparés par les bénévoles… »
Depuis le début de la campagne printemps/été 2020 170 nouvelles familles se sont inscrites (+ 16 %). « Mais il y a plusieurs familles que nous n’avons pas encore revues depuis le début du confinement. Elles reviendront probablement au fil des semaines à venir. »



