Les quelques jours précédant la décision de fermer les restaurants, Vincent Guillemot a diminué ses achats pour limiter la casse. « Le frigo était vide le 16 mars, minuit ! ». Avec son épouse Sophie, les deux restaurateurs estiment une perte d’exploitation de 80 % sur le mois de mars, lissée à 78 % sur les deux mois et demi du confinement. Les trois salariés ont été mis en chômage partiel. Ils ont pu bénéficier du PGE, de report de cotisation du loyer et annulation des charges sociales. Ouverts depuis le 2 juin, le respect des normes sanitaires implique cependant une perte de couverts pour les restaurateurs. D’autant plus que la reprise est timide. La première semaine les clients craignent encore le rapprochement physique et le télétravail ne favorise pas le retour de la clientèle du déjeuner.

« Les clients nous ont bien soutenus, c’était porteur »
Vincent craint la reprise de septembre. Ils resteront d’ailleurs ouverts tout cet été 2020 : « on a pris nos vacances en mars ! ». Pourtant, durant la pandémie, ils ont été très productifs : dès le 18 avril, ils ont proposé des paniers à emporter. « Il fallait s’occuper. La date de reprise était inconnue. L’inactivité peut nuire. » L’inventivité et les initiatives n’ont pas manqué : menus à emporter dès le week-end de mi-avril, puis des formules durant la semaine « nous avions besoin de cuisiner pour nos clients, qui montraient leur fidélité et exprimaient de sympathiques retours sur les menus dégustés . Ils nous ont portés ! ».


