La création de l’association Un copain comme les autres naît de la rencontre de deux mamans, chacune mère d’un enfant porteur d’un handicap. Dominique Le Berre et Françoise Richard-Tardivel se lient lors d’un Téléthon, organisé à La Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique). Françoise sait que les jours de son fils sont comptés. Avec Dominique, elles décident d’agir pour proposer des activités de loisirs aux enfants handicapés intellectuels en compagnie d’enfants valides. « Nous souhaitions la mixité » Dominique témoigne « il existait déjà un centre de loisirs à La Chapelle-sur-Erdre et à Treillières. Les activités proposées n’étaient guère adaptées. Alors que nos jeunes bénéficiaient d’activités appropriées la journée, dans le cadre de leur système scolaire. Nous souhaitions que cette dynamique perdure près de leurs lieux de résidence. Nos enfants souffraient d’isolement. Il y avait urgence« .
Comment avons-nous créé l’association Un copain comme les autres ?
Pour créer l’association Un copain comme les autres Dominique et Françoise publient une annonce dans les pages locales de leur quotidien et lancent un appel « Venez nous rejoindre ! ». Lors d’une première réunion, cinq personnes se présentent. Très vite, elles sont rejointes par une quinzaine de bénévoles.
L’association est créée en avril 2004 avec des parents concernés par le handicap intellectuel. Françoise prend en charge la présidence ; Dominique, la vice-présidence. Sept familles siègent au Conseil d’administration. Ils décident ensemble des activités. Ils établissent un planning pour les activités des mercredis à Treillières et La Chapelle-sur-Erdre. Bien souvent ils encadrent eux-mêmes ces activités au début de l’association. « Nous sommes très engagés et soudés. Très dynamiques, nous poursuivons le même objectif pour nos jeunes. Personne ne baisse les bras. Avec Françoise -la présidente de l’association-, nous échangeons tous les jours. »
L’association est cantonale. Elle intervient sur les communes de La Chapelle-sur-Erdre, Treillières et Sucé-sur-Erdre. Son objectif de proximité est important pour que les familles puissent se retrouver au sein de leurs communes, de leurs quartiers « Nous comptions une dizaine d’inscrits par activité. Comme nous tenions à ce que nos jeunes côtoient des jeunes valides, nous pouvions accueillir des jeunes qui venaient faire du sport adapté avec les nôtres. Tous les mercredis, une dizaine de jeunes handicapés sont rejoints par le même nombre de jeunes valides. L’accès aux valides étant limité, certains ne pouvaient participer le mercredi suivant. Ils exprimaient leur déception « mais mon copain m’attend ! ».
L’association reçoit des financements publics
« Conscientes que nous souhaitons apporter à nos jeunes une vie sociale la plus normale possible sur leur lieu de résidence, les territorialités nous accordent des subventions. Nous démarrons l’activité de l’association grâce à l’une d’elle. Elle nous permet la création d’un centre de loisirs adapté. Très vite des professionnels encadrent les activités : danse, théâtre-improvisation, poterie, escalade. »
Parallèlement à son engagement associatif, Dominique Le Berre est nommée première adjointe au maire, déléguée à la solidarité de sa commune, La Chapelle-sur-Erdre. Elle est également élue conseillère métropolitaine à Nantes Métropole. Une bonne ambassadrice pour l’association !

En bas à droite, Joëlle et Dominique organisatrices des séances de Ciné-ma différence
L’évolution de notre association
« Aujourd’hui, nos jeunes travaillent. Ils participent à la sélection de nos activités. Que nous avons réduites de moitié dans le domaine du sport adapté. Les activités sont proposées un mercredi sur deux. Nous continuons à favoriser cette mixité handicapé et valide, à la base de notre action.
Devenus grands, nos jeune résident dans des IME -instituts médicoéducatifs–, ESAT -Établissement et service d’aide par le travail– ou foyers d’hébergement. Nous programmons des activités le week-end : danse, théâtre-improvisation, poterie, escalade. A présent, nous embauchons des professionnels. Leurs retours sont super ! Notre professeur de danse s’est formée au handicap et réalise des chorégraphies adaptées à nos jeunes. Ils aiment monter sur scène. C’est chouette !«
« Toujours dans l’objectif de proposer des activités attrayantes le week-end, nous avons également mise en place une activité supplémentaire : Ciné-ma différence. »
Pour annoncer leurs événements, spectacles, séances de cinéma, l’association utilise toujours les services de la Presse Quotidienne Régionale (PQR). Elle dépose ses annonces sur Infolocale.fr
Ciné-ma différence, l’activité de l’association en développement
« En partenariat avec Cinéville de Saint-Sébastien-sur-Loire (44), nous organisons des séances de cinéma bimestrielles depuis douze ans -le samedi à 14 h- ouvertes aux personnes handicapées. Nous choisissons un film où il n’y a ni violence, ni traumatisme. La dernière fois, c’est le film Presque de Bernard Campan et du philosophe Alexandre Jollien qui était projeté. Une quinzaine de nos bénévoles accueille et guide le public dans la salle où l’éclairage est atténué, comme le son d’ailleurs. Le public des séances de Ciné-ma différence est réactif, fidèle et de plus en plus nombreux. Des personnes des foyers et des personnes âgées s’y retrouvent. Accessibles à tous. Les valides doivent accepter les mouvements dans la salle. La séance coûte 4 € »
L’action de notre association vous intéresse ?
L’association Un Copain comme les autres peut conseiller d’autres familles pour créer le même type d’association, dans d’autres territoires. Elle tient un kit à leur disposition.




One thought on “Création de l’association « Un copain comme les autres »”
Merci de cet article ! De manière similaire, la Compagnie Ensuite En Corps travaille dans le Calvados pour proposer des ateliers de danse inclusive. Nous avons vu comment la mixité apporte des bénéfices à tous les participants, qu’ils soient en situation de handicap ou pas. Ce sont des défis importants à relever et des valeurs partagés avec Un Copain comme les autres.