Quels ont été vos temps forts durant cette saison 2023-2024 ?

Nous avons mis à jour notre "Plate-forme de propositions", qui ne l’avait pas été depuis plusieurs années. Nous avons tenu compte de l’évolution des pratiques sociales et des lois. Par exemple, nous avons ajouté la revendication de l’introduction de la "fête des Pères" dans la loi, laquelle ne l’est pas encore, contrairement à la "fête des Mères". Nous avons formulé notre soutien à la nouvelle loi contre le viol (3 août 2018), en soulignant qu’elle peut s’appliquer désormais au viol d’un homme par une femme. Nous avons affirmé notre souci que la PMA soit un dispositif réservé aux couples comportant un père et une mère. Et d’autres encore : il y a de nouveau 27 propositions pour cette "Plate-forme 2023".

En 2024 nous avons relayé et soutenu l’initiative d’une liste aux élections européennes intitulée "Défendre les enfants", la seule à aborder certains thèmes qui nous sont chers, en particulier la nécessaire priorité accordée à la solution de résidence alternée des enfants dans les jugements de divorce.

Enfin nous avons repris notre politique de saisine du Défenseur des droits en cas de discrimination, la plus récente concernant la politique du Crédit mutuel consistant en "l’ouverture d’un compte personnel ouvert pendant un an aux femmes victimes de violences conjugales", et de ce fait excluant les hommes victimes. Le Défenseur n’a pas retenu cette discrimination, mais une telle saisine permet d’en attester l’existence et peut servir de référence pour montrer que les discriminations contre les hommes existent.

Quel bilan faites-vous de cette année ? En êtes-vous satisfait ?

L’émergence de la liste "Défendre les enfants" est un motif de satisfaction : elle montre que malgré leurs faibles moyens, des pères divorcés sont encore capables de se battre et d’exiger des droits égaux concernant l’accompagnement et l’éducation de leurs enfants.

Les discussions autour d’un élargissement du congé paternité (déjà élargi en 2021) constituent un autre motif de satisfaction : les pères modernes montrent qu’ils sont conscients de leur importance dans les premiers contacts qu’ils ont avec leur enfant, et beaucoup souhaitent encore le renforcer.

Comment pensez-vous aborder la saison prochaine ?

Nous continuerons à jouer notre rôle d’observation et d’information quant aux attitudes et discriminations sexistes dans notre société. Nous le ferons bien sûr en faveur des femmes quand elles en sont victimes. Mais de nombreuses associations s’y attellent déjà. Notre véritable utilité consistera à dénoncer les injustices sexistes à l’encontre des hommes, un travail que bien peu de groupes effectuent. Ce travail passera par la publication d’articles, de dossiers, de communiqués ; par la saisine des instances de régulation ; et par le soutien à toutes les initiatives allant dans ce même sens. La lutte contre le(s) sexisme(s) est un tout, elle ne doit pas être divisée.