Le 3e Festival consacré au compositeur et violoniste Lucien Durosoir vient de se terminer le 3 mai 2026.

Trois concerts d’un exceptionnel niveau artistique ont enchanté un public surpris par tant de découvertes, et emballé par tant de convivialité.

Le château de Monbet, à Saint-Lon-Les-Mines, se révèle le lieu idéal pour une telle manifestation car l’acoustique de la salle de concert est particulièrement agréable et met en valeur les instruments à cordes et le piano de concert.

Le célèbre Quatuor Diotima a fait découvrir Leos Janacek et son œuvre atypique Lettres intimes puis le Quatuor N° 2 de Durosoir d’une redoutable difficulté, un des sommets de l’art du contrepoint. Les lectures des lettres de Janacek à sa jeune maîtresse puis les lectures extraites des 2 000 lettres que Durosoir envoyait du Front de la Grande Guerre à sa mère étaient interprétées par Mario Hacquard, baryton, comédien mais aussi nouveau directeur artistique du Festival.

Lorène de Ratuld au piano, François Pineau-Benois au violon (il joue "Le Genève", instrument précieux ayant appartenu à Durosoir) ont séduit par leur virtuosité, leur complicité et la qualité de leur sonorité. Un programme très original dédié aux Ambulanciers de 14-18. Walt Disney, Ravel, Hemingway, Durosoir étaient sur le Front, engagés comme ambulanciers, et auraient pu se croiser !

L’Adieu aux armes ou la Pavane pour une infante défunte ont arraché des larmes d’émotion au public avant l’éclat de rire provoqué par le grand méchant loup des Trois petits cochons.

Mario Hacquard a conçu là le genre de programme brillant, original, bouleversant, qu’on aimerait retrouver plus souvent ; une sorte d’hymne à la Paix d’une incroyable actualité.

Enfin "Sports et Divertissements", faisant la part belle au génie d’Erik Satie ont exalté le caractère "sportif" de pièces de Ligeti et de Durosoir, pièces virtuoses en diable, que le pianiste Anaël Bonnet et le violoncelliste Pierre Charles ont surmontées avec fougue.

L’incroyable Benoît Guerre et son Grand Bi, avec lequel il sillonne l’Europe, souvent pour des causes humanitaires, a épaté les fidèles du festival qui n’avaient jamais eu l’occasion de faire des essais sur un tel engin, dangereux certes, mais d’une élégance d’un autre temps.

Au Logis Gnàc é Pause à Saint-Lon-les-Mines les concerts se prolongent par des agapes musicales où les artistes "se lâchent" et "font le bœuf" autour d’un buffet offert par le festival.

Le public peut enfin voir de très près leurs musiciens. Échange indispensable pour mieux comprendre le quotidien de ces artistes internationaux qui viennent à vous avec tant de gentillesse. Luc et Georgie Durosoir, initiateurs de ce projet ont fait mouche cette année !

Un festival, parmi les plus séduisants de ce coin des Landes, qu’il faut retrouver chaque année autour du 1er mai. Pour un public de mélomanes avides de surprises et d’émotion mais aussi pour les jeunes qui découvriront des pans cachés de l’histoire du début de XXe siècle, période incroyablement fertile dans l’histoire de l’art, de la musique, de la littérature mais aussi… du sport !