La projection du 7 décembre au cinéma l’Arvor de Rennes clôture une semaine de ciné-débats en Bretagne sur l’habitat écologique.

Après chacune des projections, les questions sont nombreuses aux constructeurs de paillourtes.

  • Une maison en paille peut-elle vraiment être solide ? Un mythe parfois bien ancré dans les esprits par l’histoire des trois petits cochons semble déconstruit par les images du film. Mais la construction de ces maisons en ballots de paille recouverts de terre demande néanmoins du temps, et un bel esprit d’équipe. Au débat Gurun Manrot, le concepteur de ces paillourtes, nous donne une nouvelle version du conte : on peut construire en brique, en bois, ou en paille, mais pas comme un cochon...
  • Comment définir un matériau écologique ? Tout n’est pas naturel dans la paillourte. La ficelle pour assembler les ballots de paille est en plastique, mais permet l’économie d’une structure en bois de plusieurs centaines de kilos. La bâche epdm utilisée pour la couverture est de la même matière que les pneus de voiture, mais elle ne se transforme pas en poussières toxiques le long des routes. Protégée des rayons du soleil par une couverture végétale, la bâche de toiture est plus inerte qu’une couverture d’ardoises bon marché qui devra être renouvelée régulièrement par des camions venant d’Espagne...
  • Les paillourtes principalement constituées de matériaux biodégradables (terre, paille et bois bruts) symbolisent un autre rapport au vivant. Ces habitations peuvent être classées parmi les habitats réversibles ou légers définis par la loi Alur de 2014. L’association Halem (HAbitants de Logements Ephémères ou Mobiles) présente aux débats, défend les droits de ces habitants et de leurs modes de vie. 11 années après cette loi, très peu de surface est accordée à ce type d’habitat, car la procédure pour changer l’affectation des terrains est longue et incertaine. De nombreux habitants vivent alors dans des situations illégales qui peuvent durer longtemps. Comment faire évoluer les usages ?
  • Mais la paillourte est d’abord une maison, et elle peut donc se construire sur un terrain constructible. Selon Gurun Manrot, concepteur de nombreuses paillourtes, les permis de construire sont en général accordés pour ces constructions.

Bilan de cette tournée bretonne

Le Faouët 50 spectateurs ; Auray 25 ; Redon 59 ; Bréal 35 ; Saint-Méen 50 ; Romillé 14 (en même temps que la présentation du bilan du maire de cette petite commune) ; Ploërmel 71 ; Rennes 34

Lors de ces 8 projections, la moyenne de fréquentation est de 42 personnes. Cette année la moyenne nationale des cinémas est descendue à 15,5 personnes. Selon le directeur de l’étonnant cinéma de Redon, qui résiste assez bien avec 20 spectateurs en moyenne dans ses 7 salles de projections, et un bar et restaurant ouvert tous les jours dans cette commune de moins de 10 000 habitants, cette année morose pourrait être vite oubliée si l’offre évolue vers ce qu’attendent les gens. Ce soir-là au Ciné-Manivel' de Redon, la plupart des 59 spectateurs sont des non-habitués.

À l’avant-dernière projection du documentaire, au Cinélac de Ploërmel, un rapide sondage à main levée auprès des 71 spectateurs nous informe que parmi les différentes sources d’informations, c’est « le bouche à oreille » qui a amené le plus de spectateurs. Cela présagerait-il un bel avenir au film ?

Plus d’informations sur lepaysdespaillourtes.fr

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